Pourquoi l’État exige le contrôle de la monnaie

ATTENTION ! Ce texte est un pavé qui est un extrait d’un livre que je traduis. Il est beaucoup plus long qu’un post du forum ordinaire, mais il vous apprendra beaucoup de choses. Je remercie d’avance ceux qui prendront le temps de le lire. Dans ce texte, l’auteur se met dans la peau d’un Etat et imagine les objectifs de celui-ci pour s’emparer du bien le plus précieux du marché : la monnaie. Il vous expliquera la naissance des banques centrales, le monopole de la monnaie, et bien d’autres corruptions étatiques pour exploiter la population… Bonne lecture !

Imaginez que vous êtes aux commandes de l’État, défini comme une institution qui possède un monopole territorial de la prise de décision suprême dans tous les cas de conflit, y compris les conflits impliquant l’État lui-même et ses agents, et, par conséquent, le droit de taxer, c.-à-d. de déterminer unilatéralement le prix que vos sujets doivent vous payer pour accomplir la tâche de prise de décision suprême.

Agir sous ces contraintes (ou plutôt, absence de contraintes) est ce qui constitue la politique et l’action politique, et il devrait être clair dès le départ que la politique, ainsi, par nature même, signifie toujours malveillance. Non pas de votre point de vue, bien sûr, mais « malveillance » du point de vue de ceux soumis à votre règne de juge suprême. Comme on peut s’y attendre, vous utiliserez votre position pour vous enrichir aux dépens des autres.

Plus précisément, on peut prédire en particulier quelle sera votre attitude et votre politique vis-à-vis de la monnaie et de la banque.

Supposons que vous régniez sur un territoire qui a dépassé le stade d’une économie de troc primitive et où un moyen d’échange commun, c.-à-d. une monnaie, est en usage. Tout d’abord, il est facile de voir pourquoi vous seriez spécialement intéressé par la monnaie et les affaires monétaires. En tant que dirigeant étatique, vous pouvez en principe confisquer tout ce que vous voulez et vous procurer un revenu non gagné. (1) Mais plutôt que de confisquer divers biens de production ou de consommation, vous préférerez naturellement confisquer de la monnaie. Car la monnaie, le bien le plus facilement et le plus largement vendable et acceptable de tous, vous donne la plus grande liberté de dépenser votre revenu comme bon vous semble, envers la plus grande variété de biens. Ainsi, d’abord et surtout, les taxes que vous imposerez à la société seront des taxes monétaires, qu’elles soient sur la propriété ou sur le revenu. Vous voudrez maximiser vos recettes fiscales monétaires.

Dans cette tentative, cependant, vous vous heurterez rapidement à des difficultés quasi insolubles. À terme, vos tentatives d’augmenter encore vos revenus fiscaux se heurteront à une résistance, dans la mesure où des taux d’imposition plus élevés ne conduiront pas à une hausse mais à une baisse des recettes fiscales. Vos revenus (votre argent à dépenser) déclinent, car simplement, les producteurs, sous le fardeau de taux d’imposition toujours plus élevés, produisent moins.

Dans cette situation, vous n’avez qu’une seule autre option pour augmenter encore ou au moins maintenir votre niveau de dépenses actuel : en empruntant ces fonds. Et pour cela, vous devez vous adresser aux banques (d’où votre intérêt particulier pour les banques et le secteur bancaire). Si vous empruntez de l’argent aux banques, celles-ci porteront automatiquement un intérêt actif à votre bien-être futur. Elles voudront que vous restiez en activité, c.-à-d. que l’État poursuive ses activités d’exploitation. Et comme les banques tendent à être des acteurs majeurs de la société, un tel soutien vous est sûrement bénéfique. En revanche, en négatif, si vous empruntez de l’argent aux banques, outre rembourser votre prêt, vous devez aussi payer des intérêts en sus.

Voilà la question qui se pose alors pour vous, en tant que dirigeant : Comment puis-je me libérer de ces deux contraintes, c.-à-d. de la résistance fiscale sous la forme d’une baisse des recettes fiscales, et de la nécessité d’emprunter et de payer des intérêts aux banques ?

Il n’est pas très difficile de voir quelle est la solution définitive à votre problème.

Vous pouvez atteindre votre indépendance souhaitée des contribuables, des paiements d’impôts et des banques, pourvu seulement que vous vous établissiez d’abord comme monopole territorial de la production de monnaie. Sur votre territoire, vous seul êtes autorisé à produire de la monnaie. Mais cela n’est pas suffisant. Car tant que la monnaie est un bien ordinaire qui doit être produit à grands frais, il n’y a là rien pour vous sinon des dépenses. Vous devez donc surtout utiliser votre position de monopole pour abaisser le coût de production et la qualité de la monnaie au plus près possible de zéro. (2) Au lieu d’une monnaie de qualité onéreuse comme l’or ou l’argent, vous devez veiller à ce que des bouts de papier sans valeur, pouvant être produits à un coût presque nul, deviennent monnaie. (Normalement, personne n’accepterait des bouts de papier sans valeur comme paiement de quoi que ce soit. Les bouts de papier ne sont acceptables comme paiement que dans la mesure où ils sont des titres sur autre chose, c.-à-d. des titres de propriété. En d’autres termes, donc, vous devez remplacer les bouts de papier qui étaient des titres sur de la monnaie par des bouts de papier qui ne sont des titres sur rien du tout.)

Dans des conditions de concurrence, c.-à-d. si chacun était libre de produire de la monnaie, une monnaie pouvant être produite à coût presque nul serait produite jusqu’à une quantité où le revenu marginal serait égal au coût marginal, et parce que le coût marginal serait nul, le revenu marginal, c.-à-d. le pouvoir d’achat de cette monnaie, serait également nul. D’où la nécessité de monopoliser la production de papier-monnaie, de façon à en restreindre l’offre, afin d’éviter les conditions hyperinflationnistes et la disparition totale de la monnaie du marché (et une fuite vers les « valeurs réelles ») ; et plus c’est le cas, moins la monnaie marchandise est chère [pour le monopoleur]. (3)

D’une façon, vous avez ainsi réussi ce que tous les alchimistes et leurs soutiens voulaient réaliser : vous avez produit quelque chose de valeur (de la monnaie avec un pouvoir d’achat) à partir d’une chose presque sans valeur. Quel exploit ! Cela ne vous coûte pratiquement rien et [pourtant] vous pouvez, sur un coup de tête, vous acheter quelque chose de vraiment précieux, telle une maison ou une Mercedes ; et vous pouvez réaliser ces merveilles pour vous-même, mais en outre aussi pour vos amis et vos connaissances, que vous découvrez soudain avoir en bien plus grand nombre qu’avant (y compris beaucoup d’économistes, qui expliquent pourquoi votre monopole est vraiment bon pour tout le monde).

Quels sont les effets ? D’abord et surtout, plus de papier-monnaie n’affecte en rien ni quantité ni qualité de tous les autres biens non monétaires. Il existe autant d’autres biens qu’auparavant. Cela réfute immédiatement l’idée (apparemment partagée par la plupart des économistes grand public, sinon tous) voulant que « plus » de monnaie pourrait, on ne sait comment, accroître la « richesse sociale ». Croire cela, comme semble-t-il quiconque propose une politique dite “d’argent facile” (4) comme échappatoire efficace et « socialement responsable » de sortie des difficultés économiques, c’est croire à la magie : que des pierres (ou plutôt du papier) peuvent être changées en pain.

Plutôt, l’effet de la monnaie supplémentaire que vous avez imprimée est double. D’une part, les prix en monnaie seront plus élevés qu’ils le seraient sinon, et le pouvoir d’achat par unité de monnaie sera plus faible. En bref, le résultat sera de l’inflation. Surtout, cependant, alors même que la plus grande quantité de monnaie n’accroit pas (ni ne diminue) le montant total de la richesse sociale actuelle (la quantité totale de tous les biens de la société), elle redistribue la richesse existante en votre faveur et celle de vos amis et connaissances, c.-à-d. ceux qui reçoivent votre monnaie en premier. (5) Vous et vos amis êtes relativement enrichis (vous possédez une plus grande part de la richesse sociale totale) au détriment de l’appauvrissement des autres (qui, par suite, possèdent moins).

Pour vous et vos amis, le problème avec cette structure institutionnelle n’est pas qu’elle ne marche pas. Elle marche parfaitement, toujours à votre avantage (et celui de vos amis) et toujours aux dépens des autres. Tout ce qu’il vous faut faire, c’est éviter l’hyperinflation. Car dans ce cas, les gens éviteront d’utiliser votre monnaie et la fuiront pour des valeurs réelles, vous privant ainsi de votre baguette magique. Le problème de votre monopole de papier-monnaie, s’il en existe un seul, c’est juste que ce fait sera aussi immédiatement remarqué par les autres et reconnu comme la grande mise à sac criminelle qu’il est en effet.

Mais ce problème aussi peut être surmonté si, en plus de monopoliser la production de monnaie, vous vous établissez comme banquier et entrez sur le secteur bancaire avec la création d’une banque centrale.

Parce que vous pouvez créer du papier-monnaie à partir de rien, vous pouvez aussi créer du crédit à partir de rien. En fait, parce que vous pouvez créer du crédit à partir de rien (sans aucune épargne de votre part), vous pouvez offrir des prêts à des taux moindres que tout autre, même à un taux d’intérêt aussi bas que zéro (voire à un taux négatif). Grâce à cette capacité, outre votre dépendance jusque là envers les banques et le secteur bancaire éliminée, vous pouvez de plus rendre les banques dépendantes de vous et vous forger une alliance et une complicité permanentes entre les banques et l’État. Vous n’avez même pas besoin de vous impliquer dans l’entreprise d’investir un crédit vous-même. Ce travail, et le risque qu’il comporte, vous pouvez en toute sécurité les laisser aux banques commerciales. Ce que vous, votre banque centrale, devez faire, se résume à ceci : Vous créez du crédit à partir de rien et vous prêtez ensuite cet argent aux banques commerciales à des taux d’intérêt inférieurs au marché. Plutôt que vous payiez des intérêts aux banques, voilà que les banques vous paient désormais des intérêts. Et les banques, à leur tour, prêtent votre crédit facile tout fraîchement créé à leurs amis d’affaires à des taux d’intérêt un peu plus élevés mais restant inférieurs au marché (pour tirer profit du différentiel d’intérêt). En outre, pour rendre les banques spécialement désireuses de travailler avec vous, vous pouvez leur permettre de créer un certain montant de nouveau crédit en propre (sur l’argent en comptes) en plus et en sus du crédit que vous avez créé (banque à réserves fractionnaires).

Quelles sont les conséquences de cette politique monétaire ? Dans une large mesure, elles sont les mêmes que celles d’une politique d’argent facile. En premier, une politique de crédit facile est elle aussi inflationniste. Plus de monnaie est mis en circulation et les prix seront plus élevés ; et le pouvoir d’achat de la monnaie est plus faible qu’il aurait sinon été. En deux, l’expansion du crédit non plus n’a aucun effet sur la quantité et la qualité de tous les biens actuellement en existence. Elle n’augmente ni ne diminue leur quantité. Plus de monnaie, c’est juste cela : plus de papier. Cela n’augmente pas ni ne peut augmenter la richesse sociale d’un iota. En trois, le crédit facile engendre aussi une redistribution systématique de la richesse sociale en votre faveur, [vous] la banque centrale et les banques commerciales parmi votre cartel. Vous recevez un revenu d’intérêt sur la monnaie que vous avez créée à un coût presque nul à partir de rien (au lieu d’une monnaie coûteuse, épargnée à partir d’un revenu existant), et de même les banques, qui touchent des intérêts en sus sur vos prêts en monnaie sans coût. Tant vous que vos amis banquiers vous appropriez ainsi un « revenu non gagné ». Vous et les banques vous enrichissez au détriment de tous les « vrais » épargnants (qui reçoivent des intérêts au rendement inférieur à ce qu’ils auraient sinon, c.-à-d. sans l’injection de votre crédit bon marché ni celui des banques sur le marché du crédit).

D’autre part, il existe aussi une différence fondamentale entre une politique d’argent facile-à-imprimer-et-à-dépenser, et une politique de crédit facile-à-imprimer-et-à-prêter.

Tout d’abord, une politique de crédit facile modifie la structure de la production (ce qui est produit et par qui) de manière très significative.

Vous, chef de la banque centrale, pouvez créer du crédit à partir de rien. Vous n’avez pas d’abord à économiser de l’argent, pris sur vos revenus monétaires, c.-à-d. à réduire vos propres dépenses, ni donc à vous abstenir d’acheter certains biens non monétaires (comme toute personne normale le doit, si elle accorde un crédit à quelqu’un). Il vous suffit de mettre la presse en route et vous pouvez ainsi réduire tout taux d’intérêt demandé aux emprunteurs par des épargnants ailleurs sur le marché. L’octroi d’un crédit ne passe par aucun sacrifice de votre part (c’est pourquoi cette institution est si « sympa »). Si les choses se passent bien, vous recevrez un intérêt positif pour votre investissement de papier, et si elles ne se passent pas bien, alors, comme producteur de monnaie en monopole, vous pouvez toujours compenser vos pertes plus facilement que quiconque : en couvrant vos pertes grâce à encore plus de papier imprimé.

Sans coûts et sans risques réels et personnels de pertes, vous pouvez dès lors accorder des crédits comme sans discrimination, à tous et pour n’importe quelle finalité, sans vous soucier de la solvabilité du débiteur ni de la solidité de son plan d’affaires. Du fait de votre crédit « facile », certaines personnes (en particulier les banquiers d’investissement) qui, autrement, ne seraient pas considérées comme suffisamment solvables, et certains projets (en particulier ceux des banques et de leurs principaux clients), qui ne seraient pas considérés comme rentables, mais gaspilleurs ou trop risqués, obtiennent néanmoins un crédit et se voient donc financés.

Il en va pour l’essentiel de même pour les banques commerciales au sein de votre cartel bancaire. Grâce à leur relation spéciale avec vous, en tant que premiers bénéficiaires de votre crédit papier à faible taux d’intérêt, les banques aussi peuvent offrir des prêts à des prêteurs potentiels à des taux d’intérêt inférieurs au marché ; et si les choses vont bien pour elles, elles iront bien ; mais si elles ne vont pas bien, elles peuvent compter sur vous pour les renflouer, comme producteur de monnaie en monopole, de la même manière que vous vous renflouez vous-même hors de tout problème financier : par plus de papier-monnaie. En conséquence, les banques seront elles aussi moins discriminatoires dans la sélection de leurs clients et de leurs plans d’affaire et plus promptes à financer les « mauvaises » personnes et les « mauvais » projets.

Et il y a une deuxième différence significative entre une politique imprimer-et-dépenser et une politique imprimer-et-prêter ; et cette différence explique pourquoi la redistribution des revenus et des richesses en faveur de vos amis banquiers et vous qui est mise en route par le crédit facile prend la forme spécifique d’un cycle temporel (expansion et récession), c.-à-d. d’une phase initiale de prospérité générale apparente (d’une augmentation espérée des revenus et de la richesse futurs), suivie d’une phase d’appauvrissement généralisé (lorsque la prospérité de l’expansion se révèle être une illusion généralisée).

Cette expansion-récession caractéristique est la conséquence logique (et physiquement nécessaire) du crédit créé à partir de rien, du crédit non adossé à l’épargne, du crédit factice [fiduciaire] (ou tout autre nom qu’on lui donne) et du fait que tout investissement prend du temps et ne montre que plus tard, à quelque moment dans le futur, s’il est fructueux ou non.

La raison de ce cycle économique est aussi élémentaire que fondamentale. Robinson Crusoé peut accorder un prêt en poissons (qu’il n’a pas consommés) à Vendredi. Vendredi peut convertir ces épargnes en un filet de pêche (il peut manger les poissons pendant qu’il construit le filet), et à l’aide du filet, Vendredi est alors en principe capable de rembourser son prêt à Robinson, majoré des intérêts, et en plus de gagner un bénéfice de poissons additionnels pour lui-même. Mais cela est physiquement impossible si le prêt de Robinson n’est qu’un billet de papier, libellé en poissons, mais non garanti par une véritable épargne en poissons, c.-à-d. si Robinson n’a pas de poissons parce qu’il les a tous consommés.

Alors, et nécessairement, Vendredi ne peut qu’échouer dans son projet d’investissement. Dans une économie simple de troc, bien sûr, cela devient immédiatement évident. En premier lieu, Vendredi n’acceptera pas le crédit de papier de Robinson (mais seulement un crédit en marchandises réelles), et de ce fait, le cycle d’expansion-récession ne pourra démarrer. Mais dans une économie monétaire complexe, le fait que le crédit ait été créé à partir de rien n’est pas perceptible : chaque billet de crédit ressemble à un autre, et pour cette raison, les billets sont acceptés par les preneurs de crédit. (6)

Cela ne change rien au fait fondamental de la réalité, où rien ne peut être produit à partir de rien et où les projets d’investissement entrepris sans aucun fonds réels que ce soit (par l’épargne) ne peuvent qu’échouer ; mais cela explique pourquoi une expansion (un niveau d’investissement accru accompagné de l’espoir de meilleurs revenus et richesses futurs) peut démarrer (Vendredi accepte le billet au lieu de le refuser immédiatement). Et cela explique pourquoi il faut ensuite du temps avant que la réalité physique se réaffirme et révèle ces espoirs comme illusoires.

Mais qu’est-ce qu’une petite crise pour vous ? Même si votre chemin vers la richesse passe par des crises répétées, provoquées par votre régime de papier-monnaie et de politique de banque centrale, de votre point de vue (en tant que chef d’État et de la banque centrale) cette forme de redistribution des richesses imprimer-et-prêter en votre faveur et celle de vos amis banquiers, même si moins immédiate que celle obtenue par simple politique d’impression-et-dépense, demeure bien préférable, car elle est bien plus difficile à percevoir et à reconnaître pour ce qu’elle est. Plutôt que de passer pour un pur escroc et un parasite, en poursuivant une politique de crédit facile, vous pouvez même prétendre vous être engagé dans la tâche altruiste qu’est « investir dans l’avenir » (plutôt que de dépenser à des frivolités immédiates) et « guérir » les crises économiques (plutôt que de les provoquer).

Quel monde que celui où nous vivons !

(1) Au sens de non mérité comme suite à un service rendu.
(2) En donnant peu à peu l’habitude aux gens d’une monnaie de moindre qualité, on peut peu à peu se permettre de produire avec une moindre qualité, et donc avec des coûts de production toujours moindres, ce qui aboutit à un pouvoir d’achat infini à coût quasi nul - tel le fameux “argent magique” d’Esther Duflo (Prix Nobel d’économie).
(3) L’auteur indique ici qu’il devient alors possible pour “vous”, le monopole, d’acquérir de l’or ou de l’argent, c.-à-d. de la monnaie marchande et véritable, à un coût dérisoire puisque payé avec du papier. On constate ainsi par exemple que bien des États stockent de l’or qui pourtant selon la doctrine officielle n’aurait plus aucun rôle ni valeur comme monnaie refuge. Les États prennent ainsi peu à peu le contrôle, à coût quasi nul, d’une part croissante de la monnaie réelle, au frais des populations qui en sont vidées.
(4) Voir la note précédente sur l’argent magique d’Esther Duflo.
(5) Ce phénomène est connu sous le nom d’effet Cantillon.
(6) Les “preneurs de crédit”, c’est bien sûr ici tout le monde, les billets de monnaie courants étant donc des billets de crédit, donc des reconnaissances de dette, ou “IOU” (I Owe You, je vous dois). Billets qui en outre d’être du papier sans valeur commerciale, ne constituent en rien des titres sur une valeur marchande, au contraire des billets de l’époque ancienne qui étaient des titres sur une certaine masse de métal précieux, ou autre marchandise.

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Putain Daivy bordel ! C’est quoi ce pavé là? Tu déconnes ! Aère le ou structure le parce que c’est indigeste ! J’ai l’impression de voir un étouffe chrétien.

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Comme précisé au début, c’est un pavé et je n’aurai pas moyen d’améliorer cet aspect. J’ai divisé en paragraphe comme dans le texte original.

Désolé, mais je pense que le texte vaut le coup.

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That was very instructive, thank you Daivy

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